Le pouvoir de Kigali et les libérés du TPIR

Publié le par sitin-@-rwandahouse

Pourquoi les tenants du pouvoir au Rwanda sont-ils toujours courroucés par une bonne nouvelle concernant la libération de ses citoyens par le Tribunal Pénal International d’Arusha ?

 

Ce constat est plus que stupéfiant ! Normalement ceux qui sont à la tête d’un Etat ont l’obligation de se soucier du bien-être et du bonheur de la population qu’ils dirigent. Pour cela, ils doivent œuvrer en conséquence dans l’exercice de leurs fonctions au quotidien, et tout acte politique posé par ces hommes et femmes devrait à chaque fois refléter cette qualité. Dans ce contexte, l’on ne peut ne pas se poser beaucoup de questions lorsqu’on voit ce qui se passe chez nous au Rwanda, où tout se passe à l’envers ! Au lieu de sentir de la fierté, tel un bon père de famille qui voit son enfant blanchi après avoir été injustement accusé et gagné un combat tous azimuts, le pouvoir de Kigali continue à lancer des flèches empoisonnées à ces innocentés. Quant à leurs acolytes, IBUKA et autres, eux, avec une véhémence inouïe, ils s’acharnent à leur lancer des armes plus fortes -  missiles et orgues de Staline, afin d’anéantir une fois pour toutes leurs compatriotes qu’ils pensaient avoir à jamais mis hors circulation ! C’est à qui les chargera de la plus mortelle des armes, de plus de crimes… Normalement, le principe de base devrait être celui-ci : «une justice équitable pour tous - que les reconnus coupables après l’épuisement de tous les échelons judiciaires assument le verdict, et que les blanchis retrouvent leur place dans la société».

 

Dans un article publié à «igihe.com» relatif à la libération de Monsieur BAGARAGAZA Michel, qui sortira très prochainement des geôles suédoises après y avoir purgé les trois quarts de sa peine, l’auteur dit que Kigali s’insurge contre cette libération. Et pourtant ils ne devraient pas, étant donné que ce futur homme libre leur a bien rendu des services, même si le résultat escompté  n’a pas toujours été conséquent. L’on se souviendra que dans le deal que ce détenu avait fait avec le bureau du procureur du TPIR d’Arusha, il devait charger d’autres prévenus, surtout ceux de l’ex-famille présidentielle, et que grâce à cette collaboration il allait voir la durée de sa peine réduite. Ceci sous-entend que les autorités rwandaises avaient avalisé ce deal. Mais surtout elles savent très bien que dans ce cadre, cette libération ne viole pas la jurisprudence du TPIR. Pourquoi alors  ce courroux de la part des politiciens de Kigali, qui ne se réjouissent pas de la libération de leur collaborateur? Est-ce entre autres parce que le «gros poisson» que Monsieur BAGARAGAZA devait faire condamner à perpétuité, «Monsieur Z» est parvenu à passer entre les mailles du filet? Loin de là!

 

En réalité, ce que le régime de Kagame, aidé par IBUKA et autres ne supportent pas, c’est de constater que parmi ces détenus d’Arusha, pour qui ils avaient cru pouvoir déterminer le sort de façon définitif et «les enterrer vivants», il y en ait qui puissent se battre jusqu’au bout, et avoir la chance de casser méthodiquement tout le tissus d’accusations mensongères dont ils ont toujours pensé avoir la parfaite maîtrise de fabrication. Et pourtant Monsieur BAGARAGAZA a même demandé pardon! – Fait qui est très apprécié par le Président rwandais actuellement. Par exemple, il suffit qu’à tort ou à raison, les politiciens qui ont été accusés d’avoir commis les pires crimes de génocide, se courbent devant lui en demandant pardon, et tout est oublié! Le cas de Monsieur Pierre Célestin RWIGEMA est le plus récent. Il faut dire qu’actuellement la constance de la jurisprudence au Rwanda, surtout en ce qui concerne ces «crimes de génocide, amacakubiri, ingengabitekerezo et autres » a plutôt une tendance folklorique! Pour ce qui suivent le « procès – mise en scène » de Madame INGABIRE Victoire UMUHOZA qui a lieu à Kigali, ils ont déjà fait ce constat. Du non sens, «bezobraziye» comme disent les russes…

 

Marie Madeleine BICAMUMPAKA

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